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Texte de Nicole Bouglouan

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Nicole Bouglouan
PHOTOGRAPHIC RAMBLE

Sources :

HANDBOOK OF THE BIRDS OF THE WORLD Vol 2 by Josep del Hoyo-Andrew Elliot-Jordi Sargatal - Lynx Edicions - ISBN: 8487334156

BIRDS OF PREY OF AFRICA AND ITS ISLANDS by Alan and Meg Kemp - Struik Publishers - ISBN: 1770073698

GUIDE DES RAPACES DIURNES – Europe, Afrique du Nord et Moyen-Orient de Benny Génsbol – Delachaux et Niestlé – ISBN : 2603013270 

BirdLife International (BirdLife International)
 

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Circaètes, Serpentaires et Bateleur des savanes

Ces rapaces forment le quatrième groupe naturel à l’intérieur de l’énorme famille des Accipitridés. 
Ce groupe comprend les Circaètes, les Serpentaires et le Bateleur des savanes. Ils sont répartis en cinq genres et présentent une structure plutôt primitive avec les pattes nues mais couvertes d’écailles en guise de protection contre le venin des serpents qui constituent leur principale ressource alimentaire. 

Les Circaètes, les Serpentaires et le Bateleur des savanes sont les champions de la chasse aux serpents. Leurs tarses sont protégés des morsures et du venin par des écailles épaisses imbriquées les unes dans les autres.
Ils chassent depuis un perchoir ou en planant, et regardent en dessous attentivement. Ils descendent pour capturer leur proie dans la végétation, sur un arbre ou au sol.

Ils peuvent passer beaucoup de temps à planer dans les airs. Ils chassent dans des zones découvertes, mais aussi dans la végétation dense, aux lisières des forêts, et volent de branche en branche en changeant fréquemment de perchoir. Mais si les perchoirs manquent, ils font alors du vol stationnaire pour surveiller le sol et détecter leurs victimes. 

Dès que la proie est saisie dans les serres, le rapace s’envole et l’emporte tout en l’avalant la tête la première. Le tête du serpent est en général écrasée ou enlevée. Les proies plus grandes peuvent dépasser du bec, et on peut alors voir le bout du reptile pendre pendant le vol. 

Circaète Jean-le-Blanc

Circaetus gallicus

Circaète à poitrine noire - Circaetus pectoralis

Ils capturent aussi d’autres reptiles, plusieurs espèces de lézards, ainsi que des petits vertébrés, rongeurs, amphibiens, chauve-souris et poissons, et aussi des petits oiseaux. En fait, le Circaète à poitrine noire (Circateus pectoralis) consomme ce genre de proies plus que les autres circaètes, et capture davantage de petits serpents.  
En revanche, le Circaète brun (Circaetus cinereus) est capable d’attraper des serpents plus grands et venimeux qu’il frappe longuement avant de les consommer au sol.
Ils chassent en général en solitaire et sont très discrets.

Circaète brun - Circaetus cinereus
Circaète à poitrine noire - Circateus pectoralis

Les circaètes ont un corps relativement volumineux, une grande tête et des yeux dorés. Le plumage varie de brun clair à plus foncé sur les parties supérieures, alors que le dessous est plus clair et strié. Au contraire, le Circaète brun a le plumage entièrement brun, et le Circaète cendré (Circaetus cinerascens) a les parties inférieures brun chamoisé clair. 
La grande tête est large et met en valeur les yeux dorés. Le bec est crochu, habituellement avec la cire et les pattes grises chez la plupart des espèces, excepté chez les Circaètes barré et cendré qui présentent un bec et des pattes jaunes. 

Circaète brun

Circaetus cinereus

Ils sont plus bruyants avant la nidification. Le Circaète barré est une espèce particulièrement vocale. Des parades aériennes avec des plongeons sont observées. Ils effectuent des vols ondulants comprenant des piqués avec les ailes closes et des remontées avec les ailes largement ouvertes, tout en se balançant comme un pendule. Ils répètent plusieurs fois ce manège. 

Pour défendre le site contre les intrus, ils effectuent un glissé déterminé vers le prédateur avec leur grosse tête complètement tendue vers lui.  

Circaète Jean-le-Blanc

Circaetus gallicus

Les circaètes nidifient dans les arbres à quelques mètres au-dessus du sol. Le nid est fait de rameaux de bois et de brindilles, et la coupe est tapissée de végétation fraîche, feuilles ou herbes. Il est assez petit comparé à la taille des rapaces.
Un seul œuf est pondu et incubé par la femelle pendant environ 45 à 55 jours. Les deux parents nourrissent et élèvent le jeune oiseau qui s’envole au bout d’une période qui varie de 50 à 110 jours après la naissance selon les espèces.  

Les circaètes des régions du Paléarctique sont migrateurs et passent l’hiver au nord de l’Afrique tropicale. Les populations de l’est hivernent en Inde et en Asie du Sud-est. Les rapaces qui vivent en Inde et au Pakistan sont sédentaires.
Les circaètes du continent africain sont principalement sédentaires, et n’effectuent que des migrations internes.      

Circaète cendré

Circaetus cinerascens

Circaète à poitrine noire

Circaetus pectoralis

Les circaètes sont vulnérables à la destruction de leur habitat et à la dégradation et à l’éclaircissage des forêts. Ils sont communs localement dans un habitat adapté à leurs besoins, et leurs populations semblent stables en dépit des déclins survenus au 19ème siècle. 
Le Circaète barré est actuellement considéré comme étant proche de l’extinction. Cette espèce est commune localement mais a un habitat très restreint.
Les autres espèces ne sont pas globalement menacées pour le moment, mais elles restent vulnérables aux changements qui surviennent dans leur habitat.  

Les Serpentaires sont des rapaces petits ou moyens, classés en trois genres. Le genre Spilornis comprend six espèces asiatiques que l’on trouve depuis l’Inde pour le Serpentaire bacha (Spilornis cheela), et en Indonésie pour celui-ci et les autres espèces, le Serpentaire menu (Spilornis klossi), le Serpentaire de Kinabalu (Spilornis kinabaluensis), le Serpentaire des Célèbes (Spilornis rufipectus), le Serpentaire des Philippines (Spilornis holospilus) et le Serpentaire des Andaman (Spilornis elgini).

Serpentaire bacha

Spilornis cheela

Ces rapaces ont le plumage brun sur les parties supérieures, et le dessous plus clair et finement tacheté de blanc. Ils portent en général de longues plumes sur la nuque, formant une crête broussailleuse caractéristique, certainement utilisée au cours des parades. La queue est barrée, bien visible en vol.   
Le bec noirâtre est crochu et présente une base large. La cire, les yeux, les pattes et les doigts sont jaunes. 

Serpentaire bacha - Spilornis cheela

Ces espèces vivent habituellement dans les zones forestières, aux lisières et aussi à l’intérieur même des forêts. Elles peuvent vivre depuis le niveau de la mer jusqu’à 1900 mètres d’altitude, parfois plus haut selon les races. Quelques sous-espèces fréquentent les savanes ouvertes.

Ces oiseaux de proie sont toujours difficiles à voir dans leur habitat boisé, excepté lorsqu’ils planent au-dessus de la cime des arbres. Ils chassent parmi les arbres, cherchant leurs proies depuis un perchoir et fondant sur elle. Ce sont souvent des serpents arboricoles. Ils les capturent parfois après leur avoir asséné plusieurs coups de griffes. Ils prennent aussi des reptiles morts et chassent quelquefois des oiseaux ou des petits mammifères.    
Les proies sont prises sur le sol ou dans les arbres après un bref plongeon, à la manière typique des serpentaires.

Serpentaire bacha

Spilornis cheela

Les serpentaires effectuent des parades aériennes spectaculaires avec les deux partenaires en train de planer ou de pratiquer le vol ondulant. Ils ont aussi des parades de menace avec les ailes arquées et relevées et la tête et la queue dressées. Ces parades sont accompagnées de cris sonores. 

Le nid est plutôt petit comparé à la taille des rapaces. Excepté pour le Serpentaire bacha, les comportements de reproduction sont peu connus pour les autres espèces.  
La femelle dépose un seul œuf et couve pendant 35 jours ou plus. Le poussin est couvert de duvet blanc. Les deux parents le nourrissent.  

Serpentaire bacha

Spilornis cheela

Les serpentaires sont sédentaires dans leur distribution. Ils ne sont pas globalement menacés mais leurs statuts nécessiteraient plus d’informations.
Le Serpentaire bacha est en général largement répandu et même abondant localement, et les autres espèces semblent être relativement communes parce qu’elles sont capables de s’adapter à l’habitat, et de tolérer un certain degré de dégradation. Mais la déforestation reste la menace principale pour eux.       

Serpentaire bacha

Spilornis cheela

Les deux genres africains, Dryotriorchis et Eutriorchis, sont relativement petits avec respectivement 50 et 66 centimètres de longueur.
Le Serpentaire du Congo (Dryotriorchis spectabilis) est assez petit avec ses 50 cm de longueur, mais il est très beau avec un plumage aux couleurs plus vives que les autres espèces. Les parties supérieures sont brunes avec la queue longue et arrondie  d’un brun plus clair barré de sombre. Le dessous est tacheté brun foncé. La poitrine est châtain vif, et cette couleur s’étend jusqu’en haut du manteau, formant ainsi comme un large collier. L’abdomen est blanc avec les flancs et les cuisses tachetés de sombre.
La tête est brune. Les yeux sont jaunes chez le male et brun chez la femelle. Le bec est noir. La cire, les pattes et les doigts sont jaunes.  

Le Serpentaire de Madagascar (Eutriorchis astur) est légèrement plus long (66 cm) que le précédent. Il a les parties supérieures brunes, ainsi que la longue queue barrée de noir. Les parties inférieures sont blanches avec les flancs et les cuisses tachetés de brun foncé.
La tête est brune. Les yeux, la cire, les pattes et les doigts sont jaunes et le bec est noir.
Les deux espèces présentent une crête remarquable qui se dresse quand ils sont excités.   

On les trouve également dans les régions forestières, dans les forêts pluviales. Ils chassent des serpents, mais aussi des caméléons et des lézards pour le Serpentaire du Congo qui chasse depuis un perchoir, à la manière des autres serpentaires  
En revanche, le Serpentaire de Madagascar se nourrit aussi de volaille et de lémurs. Il chasse sur le sol de la forêt, ou vole de branche en branche à l’intérieur des bois.

Il n’y a pas d’informations disponibles concernant le comportement pendant la reproduction. Le Serpentaire du Congo est souvent vocal et lance des cris sonores. 

Un seul nid de Serpentaire de Madagascar a été observé et suivi en 1997. Le nid était à environ 20 mètres de hauteur. Un seul œuf a été couvé pendant une quarantaine de jours. La période au nid a duré environ deux mois et le jeune a gagné son indépendance à l’âge de trois ou quatre mois. 

Les deux espèces sont probablement sédentaires car aucun déplacement n’a été observé.
Le Serpentaire du Congo semble être plutôt commun dans sa distribution, mais il est plus souvent entendu que vu.
Le Serpentaire de Madagascar est rarement observé. Des mesures de conservation et de protection sont en cours. L’espèce est considérée comme étant en danger d’extinction.
Ces deux rapaces dépendent essentiellement de la conservation de la forêt pluviale.  

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Le dernier « mangeur de serpents » de ce groupe, le Bateleur des savanes (Terathopius ecaudatus), est un aigle très beau au plumage vivement coloré, ce qui est inhabituel chez les rapaces. Plusieurs facteurs morphologiques et certains comportements alimentaires le rendent proche des circaètes. Il a le plumage noir avec de grandes taches alaires blanc-grisâtre. Le dos, le croupion et la queue sont châtains. Sur les parties inférieures, le corps est blanc et les ailes présentent des couvertures blanches et des rémiges noires. La femelle a le dessous des ailes presque entièrement blanc, excepté le bord de fuite qui est noir. La tête est large et noire. Le bec est jaune avec la cire rouge ainsi que la face nue. Les yeux sont brun foncé. Les pattes et les doigts sont rouges.  

Cette espèce subsaharienne se nourrit aussi de petits mammifères vivants ou à l’état de charogne, d’oiseaux, de reptiles, de poissons, d’œufs d’oiseaux, de crabes et d’insectes. Son régime est presque omnivore. Il chasse en planant ou depuis un perchoir d’où il détecte ses proies. Il descend ensuite en spirale jusqu’à sa victime.    

Pendant la saison de reproduction, ils effectuent des parades nuptiales spectaculaires où les couleurs du plumage sont mises en valeur. On peut aussi assister à des vols acrobatiques.  

FEMELLE
MALE

Le nid fait de rameaux de bois est assez grand et construit dans une fourche d’arbre. Un seul œuf est déposé et incubé pendant 52 à 60 jours. Le poussin est brun avec la tête et les cuisses claires. Il quitte le nid au bout d’une période qui peut varier de 93 à 190 jours. Il dépend encore des adultes pendant environ quatre mois, et les deux parents l’élèvent et le nourrissent.

JUVENILE

Le Bateleur des savanes adulte est territorial et résident, alors que les jeunes deviennent nomades et se déplacent régulièrement à l’intérieur du continent africain.   

Ce beau rapace est relativement commun, mais sa distribution est à présent restreinte dans beaucoup de régions de l’Afrique du Sud, de Namibie et du Zimbabwe, à cause des empoisonnements et des dérangements sur les sites de nidification. Il reste commun dans les réserves, mais l’espèce est menacée par le piégeage pour le commerce international, les empoisonnements par les pesticides et la dégradation de l’habitat.
Le Bateleur des savanes est considéré comme étant presque menacé.

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