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HABITAT :
Le Pitohui bicolore fréquente la forêt tropicale humide, les lisières forestières et les zones de végétation secondaire, et occasionnellement les mangroves et les petits arbres sur les plages.
On le trouve généralement dans les collines et les forêts de basse montagne, entre 350 et 1 700 mètres d’altitude, parfois jusqu’à 2 000 mètres, et localement dans les plaines côtières au niveau de la mer.

CRIS ET CHANTS : SONS PAR XENO-CANTO
Les vocalises du Pitohui bicolore comprennent des sifflements puissants et mélodieux ou saccadés.
Son chant principal est une série de 3 à 7 sifflements riches, incluant des montées et des descentes dont la durée est variable, entrecoupées de quelques pauses.
Chaque individu émet un chant stéréotypé de 2 à 4 notes sifflées, les trois premières étant de tonalité constante tandis que la dernière descend.
Au sein des groupes, on peut entendre des grognements doux lors des périodes d’activité, un crépitement rapide et sec, ainsi qu'une série de 2 à 3 notes claires et cristallines semblables à des sons de cloches, se terminant sur une note plus aiguë.
On peut entendre diverses vocalisations à travers la distribution géographique, telles que des sifflements puissants, descendants, ascendants ou rapides.

COMPORTEMENTS DANS LA VIE SAUVAGE :
Le Pitohui bicolore est souvent observé en train de se nourrir en groupes familiaux et en troupes mixtes.
Il se nourrit principalement de fruits, de graines de graminées, d'insectes, de divers invertébrés et de quelques petits vertébrés. Ses pattes robustes et ses griffes acérées sont bien adaptées à la recherche de nourriture au sol, tandis que son bec solide lui permet de sonder le sol à la recherche d'insectes et de casser les graines.

Parmi les fruits figurent les figues du genre Ficus. On trouve également des invertébrés tels que des coléoptères, des araignées, des perce-oreilles, des punaises, des mouches, des chenilles et des fourmis.
Le coléoptère Choresine de la famille des Melyridae est la source de son venin, ce qui rend cet oiseau « venimeux et toxique ».

Le Pitohui bicolore se nourrit à tous les niveaux, du sous-bois à la canopée. Il se nourrit souvent en petits groupes familiaux et se joint également à des troupes mixtes. Principalement diurne, il adapte son régime alimentaire selon la saison. Pendant la période de nidification, les oisillons sont nourris de baies et d'invertébrés.

Le comportement reproducteur du Pitohui bicolore est mal connu. La saison de reproduction commence à la fin de la saison sèche et se poursuit au moins jusqu'au milieu de la saison des pluies. Monogames, ces oiseaux se reproduisent en couples simples, mais la présence d'aides au nid est signalée, principalement pour nourrir les oisillons. D'après certaines observations, les jeunes sont souvent nourris par plus de deux individus. Lorsqu'on s'approche d'un nid, quatre ou cinq oiseaux le défendent.

Les parades nuptiales sont inconnues. On peut toutefois supposer que le plumage très contrasté est mis en valeur par des postures adaptées. Cependant, comme le mâle et la femelle sont semblables, ces parades sont probablement assez simples.
Le nid est une structure en forme de coupe suspendue à de petites branches.

Le Pitohui bicolore est probablement sédentaire dans son aire de répartition.

Cette espèce possède des ailes arrondies qui lui permettent un vol agile dans son habitat, notamment dans les sous-bois denses. Aucun déplacement saisonnier significatif n'a été observé.

REPRODUCTION DE L’ESPECE :
La saison de reproduction a lieu au printemps et à l’été austral en Nouvelle-Guinée, avec des pontes à la mi-octobre, à la mi-décembre et à la mi-février. Le Pitohui bicolore est monogame et se reproduit probablement de façon communautaire.
Le nid, en forme de coupe, est fait de filaments de vigne enroulés et tapissé d’autres filaments plus fins. Il est suspendu à des branches fines, à environ deux mètres du sol, dans le sous-bois.

La femelle pond 1 à 2 œufs de couleur crème ou rose pâle, avec des taches sombres et des zones gris clair.
La durée de l'incubation est inconnue, mais les deux parents et les aides se partagent cette période ainsi que les autres tâches. Les poussins sont nourris de baies et d'invertébrés et se développent rapidement.
Les batrachotoxines présentes dans la peau et les plumes des adultes se transfèrent probablement aux œufs et aux matériaux du nid pendant la couvaison, les protégeant ainsi des prédateurs et des ectoparasites.

PROTECTION / MENACES / STATUTS :
Le Pitohui bicolore est décrit comme assez commun ou localement commun.
La taille de sa population est inconnue, mais on suppose qu'elle est stable en l'absence de menaces importantes.
Cependant, le commerce illégal d'oiseaux chanteurs en Indonésie représente un risque pour cet oiseau malgré sa toxicité,  mais d’un autre côté, cette toxicité le protège également de la chasse.

Le Pitohui bicolore est actuellement classé en tant qu’espèce de Préoccupation Mineure.

Fr: Pitohui bicolore
Ang: Hooded Pitohui
All: Zweifarbpirol
Esp: Pitohuí Bicolor
Ita: Pitoui monaco
Nd: Bergpitohui
Sd: svarthuvad pitohui

Photographe:

Dubi Shapiro
Dubi Shapiro Photo Galleries

Texte de Nicole Bouglouan

Sources:

HANDBOOK OF THE BIRDS OF THE WORLD Vol 12 by Josep del Hoyo-Andrew Elliott-David Christie - Lynx Edicions - ISBN: 8496553423

Avibase (Denis Lepage)  

Birdlife International

Birds of the World

DIGITAL COMMONS - The Hooded Pitohui's Poisonous Secret

California Academy of Sciences - Scientist Spotlight: Jack Dumbacher

IBCP - Bird in the Spotlight: Hooded Pitohui

Homobatrachotoxin in the Genus Pitohui: Chemical Defense in Birds?

Aquarium of the Pacific

BioDB - The most poisonous living pitohui species

Meet the Hooded Pitohui – The Only Scientifically-Confirmed Poisonous Bird in the World

World’s only toxic bird: Why the Hooded Pitohui is one bird you should fear

Grokipedia - Hooded pitohui

Wikipedia, the free encyclopaedia

 

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Pitohui bicolore
Pitohui dichrous

Ordre des Passériformes – Famille des Oriolidés

INTRODUCTION :
Le Pitohui bicolore est endémique des îles de Nouvelle-Guinée, où il fréquente la forêt tropicale humide, les lisières forestières et les forêts secondaires, et occasionnellement les mangroves.
L'espèce a été décrite par l'ornithologue français Charles Lucien Bonaparte en 1850.

Le Pitohui bicolore a été classé dans le genre Pitohui avec cinq autres espèces, et ce genre était considéré comme appartenant à la famille des siffleurs d'Australasie, les Pachycéphalidés. Ces derniers portent bien leur nom car ils comptent parmi les oiseaux chanteurs les plus remarquables d'Australasie.
Les cris des pitohuis sont des sifflements puissants et mélodieux ou saccadés. Cependant, suite à un examen du genre en 2008, certaines espèces ont été considérées comme non apparentées et n'appartenant pas à la famille des siffleurs.
Enfin, le Pitohui bicolore et le Pitohui variable (Pitohui kirhocephalus), une espèce proche, se sont révélés apparentés aux Orioles de l'Ancien Monde, au sein de la famille des Oriolidés, ce qui a été confirmé par une étude en 2010.

Le Pitohui bicolore porte bien son nom car c’est un oiseau bicolore au plumage très contrasté, noir et châtain-roux.
Il se nourrit de fruits, souvent de petites figues (Ficus), d'insectes et de graines de graminées. On le rencontre depuis les  sous-bois jusqu’à la canopée, et il se nourrit à tous les niveaux de la forêt.

Son comportement reproducteur est mal connu, mais certains nids ont été décrits comme des structures en forme de coupe suspendues à des petites branches. L'espèce pratique probablement la reproduction communautaire.

Le Pitohui bicolore est surtout connu pour sa toxicité. C'est le passereau le plus toxique testé en Nouvelle-Guinée. Cet oiseau stocke de l'homobatrachotoxine, apparemment comme mécanisme de défense chimique ou adaptation anti prédatrice, toujours en concentration maximale dans sa peau et ses plumes.

Le Pitohui bicolore est considéré comme étant localement assez commun, et commun dans sa vaste aire de répartition, et l'espèce n'est actuellement pas menacée à l'échelle mondiale.

LE PITOHUI BICOLORE, UN OISEAU TOXIQUE…
Cette découverte remonte à l’année 1990, lorsque des scientifiques préparaient des peaux de Pitohuis bicolores pour des collections destinées aux musées. L'un d'eux, Jack Dumbacher, découvrit par hasard que les oiseaux de Nouvelle-Guinée utilisent des poisons pour se protéger.

Alors qu'il travaillait avec des guides locaux, Jack Dumbacher relâcha un oiseau chanteur coloré, le pitohui, pris dans un filet. Ce faisant, il se coupa la main et ressentit des picotements et une sensation de brûlure sur la peau. Il porta alors la plaie à sa bouche pour atténuer la douleur, mais cela ne fit que provoquer des picotements et des brûlures sur sa langue.
Cette expérience marqua le début de plusieurs années de recherche sur les mécanismes de défense chimique des oiseaux vivant dans les îles du Pacifique.

Plus tard, Dumbacher et d'autres chercheurs identifièrent la composition chimique et l'utilisation potentielle des toxines du pitohui. Cette étude révéla que le pitohui possédait de la batrachotoxine, une substance toxique également présente chez certaines espèces de grenouilles, comme la Grenouille à flèches empoisonnées (Poison dart frog de la famille des Dendrobatidae) de Colombie. Chez l’oiseau, la peau et les plumes contenaient les concentrations les plus élevées de ces toxines.

Enfin, Dumbacher a identifié le pitohui comme le premier oiseau toxique connu de la science. Aujourd'hui, cinq autres espèces d'oiseaux venimeux sont identifiées. Elles utilisent cette caractéristique comme protection contre les prédateurs, et d'autres espèces d'oiseaux sans lien de parenté ont évolué pour imiter le plumage du pitohui, exploitant sa toxicité pour leur propre protection.

Le venin de l'oiseau provient des coléoptères Choresine (famille des Melyridae) dont il se nourrit, lesquels contiennent la même batrachotoxine.

Cependant, la toxicité du pitohui était connue des peuples autochtones de Nouvelle-Guinée depuis l'Antiquité. Les tribus indigènes savaient que l'oiseau était immangeable. Il a un goût et une odeur de « déchet pourri » une fois cuit, et il est considéré comme toxique par les populations locales.

Mais de nombreuses questions restent encore sans réponse concernant cette espèce…

Sources: California Academy of Sciences - Scientist Spotlight: Jack Dumbacher

DESCRIPTION DE L’OISEAU :
Quelques mesures :
Longueur : 22-23 cm
Poids : 67-76 gr

Le Pitohui bicolore est un passereau de taille moyenne au plumage très contrasté.
Il possède un capuchon noir qui couvre la tête, le menton, la gorge et le haut de la poitrine. Le dessus et le dessous des ailes et la queue sont également noirs.
Le manteau, le dos, le croupion, les sus-caudales et le reste des parties inférieures sont d'un roux-châtain vif.

Le bec robuste est noir.
Les yeux sont brun rougeâtre.
Les pattes et les doigts sont noirs, munis de griffes acérées.

Le mâle et la femelle sont semblables. Lorsqu'ils se sentent menacés, ils dressent les plumes de leur tête pour former une crête.

Le juvénile ressemble aux adultes, mais les rémiges et les rectrices présentent des liserés bruns, et son plumage paraît légèrement plus terne que celui des adultes.

DISTRIBUTION GEOGRAPHIQUE :
Le Pitohui bicolore est endémique de Nouvelle-Guinée où il est présent, et son aire de répartition s’étend jusqu’à l’île voisine de Yapen.

Cette espèce est monotypique et les études moléculaires du genre Pitohui n’ont pas permis d’identifier une divergence génétique suffisante pour valider l’existence de sous-espèces.