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Fr: Cormoran de Socotra 
Ang: Socotra Cormorant
All: Sokotrascharbe
Esp: Cormorán de Socotra
Ita: Cormorano di Socotra
Nd: Arabische Aalscholver
Sd: sokotraskarv

Photographes:

Jean Michel Fenerole
Photos d’Oiseaux du monde

Paul Guillet
Photos d'Oiseaux

Jean-Claude Jamoulle
A la rencontre des Oiseaux

Texte de Nicole Bouglouan

Sources: 

HANDBOOK OF THE BIRDS OF THE WORLD vol 1 by Josep del Hoyo-Andrew Elliot-Jordi Sargatal - Lynx Edicions - ISBN: 8487334105

Avibase (Denis Lepage)

Birdlife International

Birds of the World

KuwaitBirds.org

Food consumption patterns of the Vulnerable Socotra cormorant Phalacrocorax nigrogularis indicate minimal overlap with fisheries in the eastern Arabian Gulf

IMAGE DU MONDE

WELCOME TO THE ENVIRONMENT AGENCY – ABU DHABI (EAD)

Filming Cannibal Cormorants

Zoo Tracker – Socotra Cormorant

Qatar e-Nature

Ornithomedia - Le Web de l’Ornithologie

Wikipedia, the free encyclopaedia 

 

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Sommaire fiches

 

Cormoran de Socotra
Phalacrocorax nigrogularis

Ordre des Suliformes – Famille des Phalacrocoracidés

INTRODUCTION :
Le Cormoran de Socotra est endémique du Golfe Persique et des côtes sud-est de la Péninsule arabique. Le premier spécimen a été répertorié sur l'île de Socotra, ce qui a donné son nom à l'oiseau.
Cette espèce est très grégaire et forme de grands rassemblements tout au long de l'année, aussi bien sur ses lieux de repos qu'en mer.
Il se nourrit principalement de diverses espèces de petits poissons qu'il capture en plongeant et en les poursuivant sous l’eau. Il est capable d'atteindre des profondeurs de 18 mètres, voire davantage. On peut observer d'immenses groupes d'oiseaux en train de se nourrir au large.
Le Cormoran de Socotra forme des colonies de reproduction denses, comptant plusieurs milliers de couples. Celles-ci sont souvent établies sur de petites îles désertiques, à l'abri des prédateurs présents sur le continent.
Le nid consiste en une simple dépression creusée dans le sol, gravier ou sable, ou bien il est installé sur un petit monticule. Les deux adultes nourrissent les poussins par régurgitation.

L'aire de répartition du Cormoran de Socotra est restreinte, et l'espèce y connaît un déclin rapide. Elle est affectée par le développement humain, les perturbations au sein des colonies de reproduction, le prélèvement d'œufs et de poussins, la chasse aux juvéniles ou aux adultes, ainsi que par la pollution marine aux hydrocarbures.
Toutefois, grâce à des mesures de conservation, la situation est différente aux Émirats Arabes Unis, notamment dans l'Emirat d'Abou Dabi. Entre 2007-2008 et 2016-2017, le nombre de couples est passé d'environ 5 000 à près de 52 000. Si l'on y ajoute la colonie établie sur l'île de Siniya (Emirat d'Umm al-Qaïwaïn), la plus grande île de la région, les Émirats Arabes Unis abritent entre 60 000 et 70 000 couples, ce qui représente près de la moitié de la population totale.
Le Cormoran de Socotra est actuellement classé en tant qu’espèce Vulnérable.

DESCRIPTION DE L’OISEAU :
Quelques mesures :
Longueur : 76-84 cm
Envergure : 102-110 cm

En plumage nuptial, le Cormoran de Socotra arbore un plumage noir brillant. Les ailes et le dos présentent des reflets vert bronze, tandis que le croupion est finement strié de blanchâtre. Le manteau, les scapulaires et les plumes du dessus des ailes ont une petite tache noire à leur extrémité.
Les parties inférieures sont noires, y compris le dessous des ailes. Des reflets verts sont visibles durant la saison de reproduction.

Sur la tête, la partie antérieure de la calotte présente des reflets rosâtres, et quelques plumes filiformes blanches sont visibles au niveau des lores et autour des yeux verts.
Le cou est parsemé de quelques taches blanches. La peau nue de la gorge est noirâtre.
Le bec, long et fin, est gris-noir, avec une ligne jaune verdâtre le long de la moitié basale de la mandibule.
Les yeux sont verts.
Les pattes et les doigts palmés sont noirs.

En plumage internuptial, le Cormoran de Socotra possède un plumage entièrement noir, dépourvu de reflets. Les plumes filiformes blanches ont également disparu.

Le mâle et la femelle ont une apparence similaire, mais le mâle est légèrement plus grand.

À l'éclosion, l'oisillon est nu, mais il se couvre rapidement d'un duvet entièrement blanc.

Juvénile

Chez le juvénile, la tête, le cou, les parties supérieures et les cuisses sont gris-brun. Les scapulaires et les couvertures alaires sont plus sombres. La queue est noirâtre avec des nuances claires.
Les parties inférieures, de la gorge et du haut du cou jusqu'à l’abdomen, sont d'un blanc brunâtre. Les flancs sont gris-brun.

Sur la tête, la peau nue de la face, la poche gulaire et le bec sont de couleur chair rosâtre, bien qu'ils tirent plus souvent sur une couleur jaunâtre, avec un culmen sombre.
Les yeux sont gris, mais deviennent rapidement verts.
Les pattes et les doigts sont gris, avec une teinte allant du rose terne au brun-chair.

L'immature présente des parties supérieures brun-gris, avec des liserés clairs sur les couvertures alaires. Les parties inférieures sont d'un blanc brunâtre, marquées de taches brunes sur la poitrine et l’abdomen.
Il est souvent confondu avec le juvénile du Grand cormoran. 

Immature

DISTRIBUTION GEOGRAPHIQUE :
Le Cormoran de Socotra est divisé en deux sous-populations.
La sous-population septentrionale est présente sur des îles situées au large des côtes du Golfe Persique, appartenant au Bahreïn, aux Émirats Arabes Unis, à l'Arabie Saoudite et au Qatar. La présence d'une population nicheuse en Iran n'a pas été confirmée depuis 1972.
La sous-population méridionale, beaucoup plus restreinte, se reproduit sur certaines îles situées au large des côtes de la Mer d'Arabie (Oman) et dans le Golfe d'Aden, au large du sud du Yémen. Sa présence a également été confirmée récemment sur l'île de Socotra. La plus forte concentration d'individus nicheurs se trouve dans le golfe de Salwa, une baie étroite séparant la péninsule du Qatar de l'Arabie Saoudite. On estime que cette zone abrite environ la moitié de la population mondiale du Cormoran de Socotra.

HABITAT :
Le Cormoran de Socotra est une espèce exclusivement marine. Il se reproduit en colonies sur des côtes rocheuses ou sableuses, souvent sur de petites îles désertes. Les sites de repos se situent généralement sur des bancs de sable, des falaises côtières ou des îlots.

CRIS ET CHANTS : SONS PAR XENO-CANTO
Comme la plupart des Phalacrocoracidés, le Cormoran de Socotra est généralement silencieux en dehors de la saison de reproduction.
Des vocalises sont fréquentes sur les lieux de repos, accompagnant diverses interactions et des disputes pour l'occupation des perchoirs. Au sein des colonies, on peut entendre des manifestations vocales liées aux comportements de reproduction.
Les mâles sont plus bruyants que les femelles. Ils produisent des croassements, des gémissements, des aboiements, des cliquetis et des sons évoquant des gargouillis.
Les femelles, quant à elles, ne produisent que de légers sifflements et restent, le plus souvent, silencieuses.

COMPORTEMENTS DANS LA VIE SAUVAGE :
Le Cormoran de Socotra se nourrit principalement de petits poissons, notamment de poissons volants (famille des Exocoetidés), de sardines à bandes bleues (famille des Dorosomatidés) et d'anchois.
Ces oiseaux piscivores chassent en plongeant depuis la surface. Ils capturent leurs proies en les poursuivant sous l'eau, pouvant atteindre des profondeurs de 18 mètres, voire davantage. Selon certaines observations, ils seraient capables de rester immergés jusqu'à 3 minutes.
Ils forment souvent de grands groupes pour se nourrir et sont capables de repérer leurs proies en volant au-dessus de l’eau.

Au sein des colonies de reproduction, les oisillons dépendent entièrement de leurs parents pour se nourrir. L'un des adultes s'envole au-dessus de la mer en quête de nourriture pour ses petits. Si cette expédition de pêche échoue, le second parent est contraint de laisser les oisillons sans surveillance pendant un certain temps pour aller chercher de la nourriture.
Les oisillons s'éloignent alors de la colonie, réclamant de la nourriture à tout ce qui passe. Il leur arrive parfois de basculer dans le cannibalisme, en saisissant un oisillon délaissé pour l'avaler tout entier.

Le Cormoran de Socotra est une espèce très grégaire, formant de grands rassemblements tout au long de l'année. Ces oiseaux se reposent en groupes très denses, chassent collectivement et se reproduisent au sein de colonies pouvant compter des dizaines de milliers de couples.

Durant la période de reproduction, ils deviennent plus bruyants. Les parades nuptiales s'accompagnent de vocalisations. Les oiseaux effectuent des mouvements d’aller et retour avec la tête et les ailes pour attirer les femelles.
Le Cormoran de Socotra installe son nid dans une dépression à même le sol, souvent dans des zones ombragées. Les deux adultes partagent les tâches liées à la nidification.

Cette espèce est migratrice ou sujette à la dispersion, bien que des études complémentaires soient nécessaires pour mieux comprendre ces comportements.
Certains déplacements sont liés à la disponibilité des ressources alimentaires. L'espèce se disperse dans le Golfe Persique et la Mer d'Arabie, atteignant parfois le Golfe d'Aden. On observe également des individus erratiques le long des côtes de la Mer Rouge, en Afrique de l'Est (jusqu'en Érythrée), ainsi qu'au large de l'ouest de l'Inde.
Ces déplacements s'effectuent généralement au sein de très grands groupes, ce qui peut être interprété comme une migration.

Le vol des Phalacrocoracidés est puissant, caractérisé par des battements d'ailes continus, parfois entrecoupés de brèves phases de plané. Pour se poser sur l'eau, ils déploient leur queue en éventail et étendent leurs pattes palmées juste avant le contact avec la surface. Au moment du décollage, ils courent à la surface de l'eau tout en battant vigoureusement des ailes. Lorsque cela est possible, ils utilisent le vent pour faciliter aussi bien l’atterrissage que le décollage, et privilégient généralement les étendues d’eau libre.

REPRODUCTION DE L’ESPECE :
La saison de reproduction du Cormoran de Socotra varie selon les colonies. Elle s'étend de juin à octobre pour les colonies situées dans l'Océan Indien, et de septembre à avril pour celles du Golfe Persique.
Cette espèce forme des colonies denses, comptant des dizaines de milliers de couples, sur des rivages plats constitués de sable ou de gravier, ou sur des collines en pente douce dépourvues de végétation.
La femelle construit son nid à même le sol, dans une dépression creusée dans le gravier ou le sable, ou parfois sur un petit monticule. Bien que la nidification en milieu ouvert soit généralement privilégiée, le nid est souvent établi sous des arbres ou dans des zones ombragées.

La femelle dépose 2 à 4 œufs. La durée d'incubation n'est pas connue avec précision, mais elle pourrait se situer entre 25 et 35 jours, comme chez d'autres espèces apparentées. Les adultes couvent les œufs en utilisant leurs pattes palmées, et se relaient régulièrement.
À l'éclosion, les poussins sont nus. Un duvet blanc apparaît par la suite. Dès qu'ils sont capables de se déplacer, ils quittent le nid pour former des crèches, généralement situées dans des zones ombragées, sous des arbres.
Les adultes les nourrissent par régurgitation. Ils commencent par leur donner une nourriture liquide, puis, à mesure que les jeunes grandissent, ces derniers introduisent leur tête dans la gorge de l'adulte pour accéder à une nourriture plus solide.

D'après certaines observations, si les poussins sont abandonnés par leurs parents, ils peuvent errer hors de la colonie et réclamer de la nourriture à tout ce qu'ils rencontrent. Il leur arrive parfois de recourir au cannibalisme. Ils s'emparent alors d'un poussin abandonné et l'avalent tout entier.

PROTECTION / MENACES/ STATUTS :
Le Cormoran de Socotra possède une aire de répartition mondiale restreinte, au sein de laquelle ses effectifs seraient en déclin. Ce déclin est causé par des aménagements côtiers, des perturbations et la pollution marine. La prédation des œufs et des poussins par de grands Laridés a également un impact négatif.
En tant qu'espèce piscivore, il est par ailleurs affecté par divers polluants marins. Parmi les principales menaces figurent la présence de prédateurs introduits, tels que les chats errants et les renards roux sur les îles où il se reproduit, la collecte des œufs et des poussins à des fins de consommation, la noyade dans des engins de pêche, ainsi que les tempêtes qui détruisent les nids.

En 2010, la population était estimée à 220 000 individus matures. Mais ses effectifs semblent diminuer.
Le Cormoran de Socotra bénéficie d'une protection juridique dans la plupart des pays de son aire de répartition. Plusieurs mesures de conservation sont en cours, et d'autres s'avèrent nécessaires.
L'espèce est actuellement classée comme Vulnérable.