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L’histoire de l’Ara de Spix
(Cyanopsitta spixi)

L’Ara de Spix est une espèce éteinte à l’état sauvage, mais plusieurs oiseaux captifs sont élevés, protégés et conservés à travers un important programme de reproduction dans plusieurs pays du monde. 
Cet ara a été découvert par le naturaliste allemand Johann Baptist von Spix dans l’aride nord-est du Brésil, aux alentours des années 1819. 

L’Ara de Spix est un beau perroquet bleu, relativement petit comparé à l’Ara Hyacinthe qui mesure un mètre de longueur.
L’Ara de Spix mesure 56 cm de long, pour une envergure de 64 cm, et pour un poids variant de 295 à 400 grammes. Sa longévité est estimée à environ 28 ans à l’état sauvage, et à dix ans de plus en captivité.
Le plumage bleu devient plus foncé sur les ailes et la queue graduée. Les parties inférieures sont plus claires, plutôt bleu-gris. Les sous-caudales sont gris pâle, et le dessous des ailes présente des rémiges gris clair.

La tête bleu-gris pâle contraste avec le corps plus foncé. Le front, les joues et les couvertures auriculaires sont teintés de bleu. Le bec crochu est gris noirâtre. Les adultes ont les yeux jaune-paille clair, avec un cercle oculaire gris et les lores gris foncé. Les pattes et les doigts sont gris-brun.
Le mâle et la femelle sont semblables, avec la femelle un peu plus petite.
Le juvénile ressemble aux adultes, avec le plumage légèrement plus foncé et la partie nue de la face plutôt grise. Sa queue est plus courte. Ses yeux sont d’abord sombres, mais ils deviennent plus clairs petit à petit. 

L’Ara de Spix vit dans les galeries forestières à l’intérieur des « caatingas » (landes broussailleuses, épineuses, sèches et plates le long des cours d’eau saisonniers), avec plusieurs variétés d’arbres, cactus, Euphorbiacées et autres plantes, particulièrement l’arbre « Tabebuia caraiba » utilisé pour nidifier. Son habitat naturel est très restreint le long de ces eaux temporaires.
Cet ara vivait autrefois dans la vallée du fleuve Sao Francisco, au nord-est du Brésil. Cette région est toujours maintenue pour la future réintroduction de l’espèce, même si elle est encore plus restreinte aujourd’hui.
Il y a plusieurs années, quand l’Ara de Spix était un oiseau sauvage vivant dans ces galeries forestières, les cris aigus émis par les perroquets résonnaient dans ces paysages. D’autres sons comme les typiques « kraa-aark » secs et roulés étaient entendus entre les arbres, portés par le vent au-dessus de la végétation.

A l’état sauvage, l’Ara de Spix est sédentaire. Il peut effectuer quelques déplacements suivant les ressources de nourriture et la disponibilité des sites de nidification. Il se déplace aussi en fonction des chutes de pluie.
Il utilise l’arbre Tabebuia pour nidifier et dormir. Cet arbre fait environ huit mètres de hauteur et porte des fleurs jaunes à la fin de la saison sèche. C’est à cause de sa dépendance à cet arbre que l’Ara de Spix a un habitat naturel très restreint.
Ces perroquets sont vus en couples ou en petits groupes. Ce sont des oiseaux timides, s’envolant lorsqu’approche un intrus. Il pratique le vol battu, et a une silhouette distincte avec sa longue queue.    
Actuellement, l’Ara de Spix est éteint depuis l’année 2000, quand le dernier ara a disparu. Mais des programmes de reproduction très actifs sont en cours, afin de protéger cette espèce, avec l’espoir de la réintroduire dans son habitat naturel un jour prochain.

Le dernier Ara de Spix était un mâle. Cet oiseau avait été observé avec une femelle Ara d’Illiger (Primolius maracana), et ces deux oiseaux semblaient former un couple. Afin de tenter une future reproduction, une femelle Ara de Spix fut introduite dans le territoire du mâle, mais la relation entre le mâle et la femelle Ara d’Illiger était solide, et aucun lien n’a pu se former entre les deux Aras de Spix. Plus tard, la femelle est morte électrocutée, et le mâle a disparu à son tour en 2000. 

La population captive gérée pour la réintroduction de l’espèce comprend 78 perroquets (janvier 2008). Par exemple, la Fondation Loro Parque de Tenerife (Iles Canaries – Espagne), possède un couple reproducteur prêté par le gouvernement Brésilien et qui a produit quatre jeunes ces trois dernières années. Les adultes sont sous haute protection, y compris ceux des institutions brésiliennes, et également en Allemagne. Il y a d’autres aras qui se reproduisent dans des programmes privés, avec une collection particulièrement belle d’environ 50 oiseaux au Qatar, à Al Wabra Wildlife Preservation.   
 
Les échanges d’oiseaux entre les différentes organisations ont lieu parfois, afin de favoriser la reproduction dans les meilleures conditions. Avant de réunir deux aras et de former un couple, le dernier arrivant est mis en quarantaine pendant six semaines.
Il faut absolument du sang neuf pour ajouter de nouveaux gènes et pour produire des oiseaux en bonne santé  pour la réintroduction dans leur territoire natal, afin d’éviter tout problème de consanguinité. L’âge de chaque ara est important, et les deux partenaires doivent avoir sensiblement le même âge. De plus, une bonne harmonie à l’intérieur du couple est importante également. Chaque échange est mûrement réfléchi parce que le but est grandiose.

Dans la nature, la saison de reproduction a lieu de novembre à mars, suivant la période des pluies.  L’Ara de Spix nidifie dans des trous d’arbres, et en particulier dans les arbres Tabebuia. Ils réutilisent souvent le même nid année après année.
La femelle dépose 2 à 3 œufs blancs à deux jours d’intervalle. En captivité, la ponte est souvent plus importante, avec 4 à 7 œufs. L’incubation dure approximativement 25 à 28 jours, et elle est assurée uniquement par la femelle. Celle-ci est nourrie par le mâle pendant toute la période.
Les poussins naissent presque nus, avec très peu de duvet sur le corps. Les jeunes sont nourris par les deux adultes, et sont emplumés au bout de deux mois. Ils restent avec les parents pendant encore trois mois avant de quitter le nid.

L’Ara de Spix se nourrit surtout de végétation. Sa nourriture principale comprend des graines et des fruits, et particulièrement ceux des Euphorbiacées. Il consomme aussi des fleurs et des feuilles provenant de plusieurs espèces de plantes trouvées dans son habitat. Il peut se déplacer pour chercher de nouvelles sources de nourriture. Son bec robuste lui permet de casser les noix dures pour atteindre le cœur tendre du fruit.

L’Ara de Spix est éteint à l’état sauvage, à cause de la perte de son habitat, du commerce illégal et des persécutions.
Cette espèce vivait dans un habitat très restreint, et la perte presque totale de ses sites de nidification avec la destruction des zones boisées de Tabebuia Caraiba, a joué un rôle important dans cette extinction.
Ces beaux oiseaux ont été intensément et illégalement piégés pour le commerce des oiseaux d’ornement.
De plus, l’introduction des Africanized Honey Bees (Apis mellifera scutellata) ou Abeille tueuse, a entraîné une compétition pour les cavités de nidification, et les abeilles tuaient les oiseaux en train d’incuber.

Actuellement, 400 hectares sont consacrés à la réintroduction de cette espèce rare. Une très grande volière est installée dans la zone de réintroduction, afin de préparer l’oiseau à sa future liberté. Cette grande cage comprend quelques uns de ses arbres favoris, ainsi que sa nourriture préférée et assez d’espace pour réapprendre à voler sur de plus longues distances. L’ara a besoin d’apprendre comment ouvrir une noix dure après avoir été nourri par l’homme pendant longtemps.   
Dans la région, la population locale est éduquée et conditionnée pour protéger les aras contre les braconniers. Les jeunes enfants apprennent tout ce qu’ils doivent savoir sur cet ara à l’école.

En ce moment, l’habitat qui convient à cette espèce fait environ 30 km2, avec seulement trois bassins. Avant son extinction, cette espèce vivait dans quatre bassins dépendant du fleuve Sao Francisco. L’espoir est dans ces programmes de reproduction.

L’Ara de Spix a toujours été un oiseau rare. De petits nombres vivaient à l’état sauvage avant leur extinction. Parce que l’Ara de Spix fait partie du Brésil, cette espèce doit être réintroduite dans son habitat naturel, et survivre grâce à la protection de la population et au respect dû à sa rareté.

Texte et illustration de Nicole Bouglouan

Sources:

HANDBOOK OF THE BIRDS OF THE WORLD volume 4 by Josep del Hoyo, Andrew Elliot and Jordi Sargatal – LYNX EDICION – ISBN 8487334229

PARROTS OF THE WORLD – An Identification Guide – by Joseph M. Forshaw – Princeton University Press – ISBN 0691092516

Wikipedia (Wikipedia, The Free Encyclopedia)

BirdLife International

Al Wabra Wildlife Preservation

 

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