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La grive musicienne
Turdus philomelos

Ordre des Passériformes – Famille des Turdidés

Le soleil se lève à peine, et déjà son chant mélodieux envahit la campagne. Une phrase claire, des notes magnifiques, hautes et puissantes, d’une grande musicalité et plusieurs fois répétées, composent ce son d’une surprenante variété et de belle qualité. Elle chante inlassablement depuis son haut perchoir, un arbre, un arbuste, un mur de pierres. Les notes aiguës traversent les vallées et les bosquets, tôt le matin et souvent jusqu’au crépuscule. Ce n’est pas pour rien qu’elle est appelée musicienne !  

Un petit coup sec, puis un autre, suivi de quelques autres encore… Elle est là, tout près, occupée à casser la coquille d’un escargot sur sa pierre favorite au bord du chemin. Parfois, elle change de support et tape le pauvre gastéropode contre le tronc d’un arbuste. Ici et là, quelques coquilles vides, cassées, blanchies, trahissent la présence de ce gracieux volatile. Mais si l’escargot reste son mets favori, elle raffole aussi des vers de terre. Il faut la voir, arc-boutée, tirer sur le lombric débusqué dans son trou. Elle tire, et tire encore, jusqu’à l’extraire complètement. 

Mais les lombrics et les escargots ne constituent pas sa seule nourriture. Elle consomme aussi de petites limaces et une grande variété d’insectes et leurs larves, ainsi que des fourmis. Elle attrape de nombreuses araignées et des mille-pattes, mais également des cloportes qu’elle trouve dans le bois pourri et sous le tapis humide des feuilles mortes. Elle aime les fruits bien mûrs, même un peu pourris, et plutôt ceux qui sont tombés, préférant se nourrir au sol. Elle marche à petits pas rapides, penchant la tête d’un côté ou de l’autre afin de mieux voir ses proies, parce que ses yeux sont latéraux.    

La grive musicienne aime par-dessus tout, les zones boisées, les grands parcs et les jardins, les buissons, les haies et les arbustes. Une partie des effectifs migre vers le sud en hiver, mais suivant les endroits, certaines restent sédentaires. La grive est très sensible au froid, et si un hiver se montre particulièrement rigoureux, elle reste prostrée et inerte. C’est là que les fruits tombés au sol à l’automne et cachés sous le tapis de feuilles mortes peuvent revêtir une importance considérable pour sa survie. 

Uniformément brune sur le dessus, sa position classique à l’arrêt, corps tendu et tête haute, montre la profusion de taches en forme de petits cœurs inversés qui orne sa poitrine et ses flancs. Des ombres diffuses de couleur ocrée se distinguent de part et d’autre de la base du cou et à la naissance des ailes, donnant encore plus de relief aux parties mouchetées. La tête fine et brune présente une ligne claire de la naissance du bec jusqu’au-dessus des  yeux, très foncés. Le bec, presque noir, jaune pâle sur la mandibule inférieure, apparaît légèrement incurvé vers le bas. Les pattes claires courent vite sur le sol.

Dès le mois de janvier, le mâle chante haut et fort. Ce sont les prémices de la parade nuptiale. Bien que modeste, son comportement démontre néanmoins que la période de reproduction commence. Il décrit des cercles autour d’une femelle, queue déployée bien aplatie sur le sol, tandis qu’il lance sa tête en arrière en maintenant le bec ouvert. Cette parade précède souvent l’accouplement.

Le nid de la grive musicienne se trouve en général dans un buisson, parfois dans les cavités entre les pierres des édifices en ruines, mais le plus souvent, il est construit dans un arbre, dans la zone la plus proche du tronc. La femelle s’occupe seule de sa construction, tandis que le mâle chante à proximité, sans intervenir.

C’est une coupe volumineuse faite d’herbes sèches, de brindilles, de mousse, de feuilles mortes et de quelques lichens, mélangés à de la boue. L’intérieur du nid est tapissé de radicelles et de fines lamelles d’écorce, l’ensemble étant maintenu avec de la salive, afin de former une matière solide pouvant se comparer à du carton.

Le nid doit être terminé fin mars. La ponte comprend entre trois et six œufs bleu clair, brillants, mouchetés de noir. Assurée par la femelle, l’incubation va durer treize à quatorze jours. Il peut y avoir deux à trois couvées par an.

A la naissance, les poussins sont couverts d’un long duvet beige doré sur la tête et le dos. Ils sont nourris par les deux adultes pendant environ deux semaines, moment où ils abandonnent le nid. Les poussins au nid sont alimentés avec des vers, des cerises, des escargots et des petites limaces. A la sortie, les parents les élèvent encore pendant quinze à vingt jours, avant qu’ils soient tout à fait indépendants. Ils se cachent dans le bas des buissons en attendant les adultes, restant hors de la vue d’éventuels prédateurs. 

Malheureusement, cet oiseau discret et relativement timide a beaucoup souffert de la chasse intensive. Les poussins étaient enlevés dans les nids pour être élevés en cage, et les oiseaux adultes tués servaient à alimenter les grandes villes où sa chair délicate était appréciée. Les mesures mises en œuvre pour interdire cette chasse commencent à donner des résultats, et si la population se reconstitue petit à petit, les chiffres sont encore éloignés de ceux de la moitié du XXème siècle, où la grive musicienne vivait tranquille, et inondait forêts et campagnes de son chant mélodieux.

Texte et photos de Nicole Bouglouan

Sources :

THE HANDBOOK OF BIRD IDENTIFICATION FOR EUROPE AND THE WESTERN PALEARCTIC, by Mark Beaman, Steve Madge - C.Helm - ISBN: 0713639601

THE COMPLETE BOOK OF ENGLISH BIRDS - Préface de Magnus Magnusson - Michael Cady- Rob Hume - ISBN: 0749509112

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